Samilia Foundation | L’ONUDC sort son rapport 2016
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L’ONUDC sort son rapport 2016

Tous les deux ans, l’ONUDC (Office des Nations Unies contre la Drogue et le Crime) rend un rapport sur la traite des êtres humains dans le monde et l’année 2016 a particulièrement inquiétée. En effet, les mouvements migratoires liés aux différentes guerres ont précipité des populations entières dans la précarité, les rendant ainsi plus vulnérables aux risques liés à la traite des êtres humains. Malgré l’implication des gouvernements à lutter contre le trafic de personnes, le nombre de victimes reste très préoccupant.

Dans son rapport 2016, l’ONUDC dresse une série d’observations qui nous permettent de comprendre les modus operandi des trafiquants, les profils des victimes et l’évolution des systèmes d’exploitation.

ONUDC rapport

1. Aucun pays n’est immunisé contre la traite

Que les victimes soient exploitées dans leur propre pays, ou soit déplacées dans un autre, aucun territoire est totalement exempt d’esclavage et les victimes viennent de l’intérieur et de l’extérieur des frontières. Par exemple, les victimes détectées dans les pays d’Europe occidentale et méridionale proviennent de 137 pays différents.

ONUDC male victimes
2. Ces dix dernières années, le profil des victimes a changé

Bien que les victimes soient toujours principalement des femmes, la proportion d’hommes tombant dans les pièges des trafiquants a augmenté ces dix dernières années. En 2006 les hommes représentaient 12% des victimes. En 2016, 21% sont des hommes. Dans la plupart des cas, c’est dans le secteur du travail forcé que l’on retrouve le plus d’hommes, secteur qui s’est considérablement développé en 10 ans. Le travail forcé représente actuellement 38´% de la traite des êtres humains.

L’exploitation sexuelle représente toujours une large majorité des cas, car elle concentre 58% des victimes, en grande majorité des femmes et des jeunes filles.

3. Les trafiquants et leurs victimes ont les mêmes origines et proviennent du même milieu

Ils partagent souvent la même nationalité et parlent la même langue. Les victimes sont rarement recrutées en dehors des frontières de leurs exploitants. Que ce soit dans les pays d’origine ou dans les pays de destination, ils sont souvent concitoyens.

Le fait d’appartenir au même genre facilite la confiance de la victime. C’est pourquoi, contrairement aux aprioris, 37% des trafiquants sont des femmes. La majorité des femmes criminelles impliquées dans des réseaux de traites des êtres humains le sont dans le cadre d’exploitation sexuelle. Elles parviennent ainsi plus facilement à gagner la confiance de leurs victimes, composées principalement de femmes.

4. L’exploitation des personnes a plusieurs visages

L’exploitation sexuelle reste encore la première niche de traite des êtres humains dans la très grande majorité des pays, très vite suivie du travail forcé. Mais ce ne sont pas les seules formes d’exploitation. La traite des êtres humains comprend aussi  la mendicité forcée, le trafic d’organe, les enfants soldats, le trafic d’enfants, et le mariage forcé, qui a considérablement augmenté ces dernières années.

ONUDC sort of traffic

5. Les routes migratoires sont les mêmes pour les victimes et les migrants

Si beaucoup de cas de traites des êtres humains n’impliquent pas de devoir traverser une frontière ( 42% des victimes sont découvertes dans leur propre pays), il existe beaucoup de similarités entre les parcours migratoires des migrants « classiques » et les victimes d’exploitation. Fragilisés par la pauvreté ou la guerre, les migrants tombent facilement dans les pièges tendus par les trafiquants. Ces derniers n’hésitent pas à profiter de la vulnérabilité engendrée par l’exil.

6. Les citoyens de pays en guerre plus particulièrement vulnérables

Les violences rencontrées dans les pays d’origine poussent les populations à l’immigration précipitée. L’augmentation du nombre de victimes de traite des êtres humains d’origine syrienne qui a suivi le début du conflit est un exemple évident, mais n’est pas le seul. En dehors des personnes qui fuient ces mêmes combats, beaucoup d’enfants sont embrigadés et exploités comme enfants soldats.

ONNUDC map

7. Les enfants sont les plus vulnérables

Rien d’étonnant à cela, les enfants sont bien sur les plus vulnérables face aux réseaux d’exploitation. Malgré une forte baisse ces dernières années, ils représentent encore un quart des victimes.  L’étude démontre qu’un lien existe entre l’âge des victimes et le niveau de développement du pays. Au plus un pays est pauvre, au plus les enfants sont exposés au travail forcé. En moyenne, ce sont les jeunes filles, plutôt que les garçons, qui se font exploiter.

8. Malgré les avancées législatives, la mise en application est lente

Ces dernières années, beaucoup de pays ont mis en place ou renforcé leur système législatif contre la traite des êtres humains. Ces 13 dernières années, le pourcentage de pays ayant une réglementation contre la traite des êtres humains est passé de 18% à 88%. Malheureusement, sur le terrain, les progrès peinent à se faire sentir.  D’après les études, il faut environ 10 ans pour qu’une réglementation montre des effets. Cependant, ces nouvelles lois ont permis à beaucoup de victimes d’obtenir de l’aide et aux bourreaux de se retrouver derrière les barreaux. Il est donc possible de croire à une justice plus efficace dans les années à venir.