Migration(s), traite et trafic d’êtres humains
Comprendre les différences, les mécanismes d’exploitation et les façons d’agir.
Cette page est un complément au fascicule inclus dans la bande dessinée Passeur(s) qui sera amenée à être alimentée régulièrement tout au long de la publication de la bande dessinée.
Les migrations font partie de l’histoire humaine : on migre pour fuir un conflit, chercher une vie meilleure, se mettre en sécurité ou ouvrir de nouvelles possibilités.
Cependant, certains parcours exposent à des risques accrus d’abus et d’exploitation, notamment lorsque les personnes ont peu de ressources, peu de protection, et un accès limité à leurs droits humains. Dans de nombreux contextes, les réseaux criminels profitent de cette vulnérabilité.
Comprendre les termes (migration, trafic et traite) permet de mieux repérer les situations à risque et d’agir de manière responsable.
La migration (même « irrégulière ») n’est pas une cause directe de la traite, mais certaines conditions peuvent augmenter la vulnérabilité et la dépendance des tiers.
Notions clés
Migration(s)
Déplacements de personnes, pour des raisons diverses. Dans certains parcours, le manque de protection, de ressources et d’accès aux droits augmente les risques d’exploitation.
Trafic d’êtres humains
Organisation d’un passage illégal de frontière (souvent contre paiement), généralement avec un consentement initial. Ce passage peut toutefois basculer vers une situation d’exploitation.
Traite des êtres humains (TEH)
La TEH consiste à exploiter une personne (souvent en situation de vulnérabilité), par la contrainte, la tromperie, l’abus d’autorité ou d’autres moyens.
La traite des êtres humains
La traite des êtres humains recouvre un ensemble d’actes (recruter, transporter, transférer, héberger, accueillir) réalisés au moyen de menaces, coercition, tromperie, abus de vulnérabilité ou paiements pour obtenir le contrôle, dans le but d’exploiter la personne.
Les formes d’exploitation peuvent inclure notamment :
exploitation économique (travail ou services forcés)
exploitation sexuelle
mendicité forcée
criminalité forcée
prélèvement d’organes / atteintes graves à l’intégrité
Traite ≠ Trafic
Traite et trafic : deux notions proches, mais différentes.
Traite et trafic relèvent de la criminalité transnationale organisée, mais ne répondent pas à la même logique : l’une vise l’exploitation, l’autre vise principalement le passage de frontière.
Attention aux termes en anglais : “human trafficking” (traite) ≠ “human smuggling” (trafic).
Que faire ?
Être attentif et reconnaître les signaux : rester vigilant, alerter les autorités/acteurs compétents si nécessaire.
S’informer et sensibiliser : partager des informations fiables, déconstruire les idées reçues.
Consommer de manière responsable : comprendre que certains produits/services peuvent être liés à l’exploitation, soutenir des chaînes plus éthiques.
Soutenir les victimes et les organisations compétentes : relais d’informations, bénévolat, soutien.
Participer au débat citoyen : encourager des politiques qui renforcent la protection des victimes et des voies migratoires plus sûres.
Contenu additionnel
Trafic de migrant.es à la frontière tuniso-libyenne (doc. sonore)
Des migrants d’origine sub-saharienne victimes de violences et détenus à la frontière entre la Tunise et la Libye. Ils ne retrouvent la liberté qu’après le paiement d’une rançon par leurs proches… Reportage : Gaëlle Henkens et Gian Domenico Petillo, réalisé avec le soutien du Fonds pour le journalisme en Fédération Wallonie-Bruxelles. Photo : Gaëlle Henkens
État de la migration dans le monde 2024 – Rapport de l’OIM
Le Rapport État de la migration dans le monde 2024, le douzième de la série, a vocation à faire mieux comprendre le phénomène migratoire partout dans le monde. Cette nouvelle édition présente des données et des informations clés sur la migration et comporte des chapitres thématiques sur des questions migratoires actuelles. Crédit photo de couverture : OIM.