Samilia Foundation | Preventing Sex Trafficking – Dakar
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Preventing Sex Trafficking – Dakar

Avec le développement du tourisme, le Sénégal confirme sa destination de tourisme sexuel, mais apparaît également comme pays d’origine de victimes de la traite des êtres humains exploitées dans la prostitution en Europe.

 

D’août à octobre 2014, Tyana Lenoble et Valentine de Bergeyck, deux jeunes infirmières bénévoles, ont passé deux mois à travailler avec un groupe d’une quinzaine de jeunes filles lors d’un programme de prévention à l’exploitation sexuelle à Dakar en partenariat avec l’AJE, une association locale.

 

Le projet avait deux objectifs :

Conscientiser le public cible face à la réalité de la traite des êtres humains et de réduire sa vulnérabilité vis-à-vis de ce phénomène.
Sensibiliser le public cible et leurs familles de l’importance de l’éducation et de la scolarité qui sont la meilleure protection contre les risques de traite des êtres humains.

 

BROCHURE

A travers plusieurs témoignages et récoltes d’informations, elles ont  réussi à identifier les facteurs qui mènent à l’exploitation sexuelle. La cause la plus importante de cette problématique est la pauvreté dans laquelle vivent les jeunes filles. Celles-ci sont souvent victimes d’un manque d’encadrement, d’une éducation très limitée, d’un manque de soutien familial, d’un éclatement familial (divorce, décès, famille trop nombreuse). Cette situation peut mener à des mauvaises fréquentations, de la pression de la famille ou des amis pour gagner de l’argent.Enfin, un très important tabou sur la prostitution rend compliquées les initiatives de prévention.

 

Face à ces facteurs, trois risques majeurs:

• Une atteinte physique telle que les IST, SIDA, maltraitance des clients, grossesses non désirées, dépendance à la drogue, troubles du sommeil
• Une atteinte psychologique avec une perte de l’estime de soi, de la culpabilité, une perte de confiance, de la dépression, du stress, de la démotivation, et des difficultés à entretenir des relations affectives.
• Une atteinte sociale comme par exemple: l’isolement, l’incompréhension de la part l’entourage, l’abandon scolaire, l’instabilité des amis, et enfin, l’exclusion sociale.

 

Sur base de ces constatations, et avec la participation active des jeunes filles, Tyana et Valentine ont réalisé une brochure de sensibilisation éditée à des milliers d’exemplaires. Les jeunes filles du groupe cible ont suivi une formation pour devenir les ambassadrices du projet et effectuer à leur tour la sensibilisation de leurs amies. Grâce à cela, les jeunes filles ont de nouveau confiance en elles et n’ont plus honte.

Leur témoignage

Groupe 5septembre

Elles s’appellent Tyana et Valentine et pendant plusieurs semaines, ont sillonné bénévolement l’Afrique dans le but de sensibiliser les jeunes filles vulnérables aux risques liés à la prostitution. Quelle a été leur motivation, leur parcours et leur rôle dans ce projet pilote?

D’Abidjan à Dakar

L’histoire commence en 2013. Tyana et Valentine, étudiantes en santé communautaire, décident en collaboration avec Samilia de faire leur stage au Sénégal sur l’exploitation de jeunes footballeurs africains. Le projet pilote qui a duré trois mois est une réussite, à tel point que l’ambassade du Sénégal demande à Samilia d’effectuer une seconde mission. En effet, l’homme dénonce un grave problème d’exploitation économique des jeunes filles africaines et appelle la Fondation en aide.

Pendant l’été 2014, les deux jeunes filles partent pour Dakar rejoindre l’association locale AJE (Action Jeunesse et Environnement) avec laquelle elles vont travailler. Ce projet durera deux mois. Valentine partira en août pour tout ce qui concerne la préparation du terrain et la mise en confiance des jeunes filles, suivie en septembre par Tyana qui finalisera le projet avec la création d’une brochure de sensibilisation.

Entre pudeur et confiance

La prostitution au Sénégal est un sujet extrêmement tabou nous dit Tyana, personne n’ose en parler et les filles se cachent. Approcher les jeunes filles n’a donc pas été un travail facile, d’autant que le français n’est pas toujours leur langue maternelle. La mission la plus difficile était de gagner leur confiance. Elles avaient peur du jugement, des préjugés, … Rajoute Valentine. Au bout de plusieurs séances d’animation et de jeux, elles finissent par se détendre un peu et se confient, mais jamais directement. Elles parleront souvent d’une « amie qui se prostitue ».

Contrairement à la situation en Belgique, les filles là-bas se prostituent rarement en réseau. Par contre, la pression familiale, la pauvreté et le manque d’éducation sont ce qui pousse beaucoup de filles à vendre leur corps à leur compte pour, par exemple, payer leurs études ou simplement s’en sortir. Certaines mères envoient elles-mêmes leur fille sur le trottoir et les exploitent. D’autres filles se prostituent par imitation, nous rapporte Tyana, elles voient leur voisine s’acheter certaines choses qu’elle ne peut se permettre faute de moyen et décide de se prostituer. D’autres encore le font tout simplement par paresse, parce qu’elles n’ont pas envie de chercher du travail. Mais le tout se fait souvent dans la plus grande discrétion. Bien sûr, il existe aussi des réseaux organisés qui impliquent du proxénétisme, mais nous n’avons pas eu l’occasion d’obtenir plus d’informations sur le sujet.

Jeunesse engagée contre l’exploitation sexuelle 

Le travail de Valentine et Tyana a été de chercher à Dakar un groupe de filles dites « vulnérables » c’est-à-dire les filles qui sont particulièrement à risque de se prostituer ou qui le sont mais ne le disent pas ou pire, ne le savent pas.  Avec elles, nos deux jeunes bénévoles entameront un long travail de prévention et de sensibilisation. Comme il s’agit d’un sujet particulièrement tabou, très peu de choses sont mises en place à ce jour pour les aider ou pour éradiquer le problème. Tout d’abord, on note un manque de connaissance général du sujet. Certaines filles ne savent même pas qu’elles sont abusées. Ensuite, il faut se pencher sur l’éducation des enfants, en sachant que les parents eux-mêmes manquent d’éducation. Enfin, alerter les autorités et les sensibiliser pour qu’eux-mêmes mettent des choses en place, informer par les médias, faire de la prévention sur le SIDA, distribuer des préservatifs sont tant de choses qui auraient un impact positif sur la problématique.

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Au bout de deux mois sur place, une brochure « Jeunesse engagée contre l’exploitation sexuelle » voit le jour des mains des jeunes sénégalaises. Tyana et Valentine doivent partir mais les jeunes filles sur place sont prêtes à sensibiliser leurs concitoyennes.  Les deux jeunes bénévoles ont réussi leur mission : créer un outil de sensibilisation qui rendrait un groupe de jeunes africaines capables de devenir elles-mêmes actrices de la sensibilisation en touchant à leur tour un public plus large. Avec ses nouvelles ambassadrices, le projet pourra continuer.

Même s’il a fallu du temps pour créer une relation de confiance, Valentine et Tyana ont été bien accueillies. Toutes les deux sont unanimes : effectuer un tel projet est une opportunité qui n’est pas donnée à tout le monde. Non seulement elles sont très contentes d’avoir pu y prendre part, mais en plus repartiraient sans hésiter si une autre occasion se présente.

Des millions de victimes à travers le monde
Des milliards de bénéfices pour les trafiquants

36 millions de personnes dans le monde sont victimes de l’esclavage moderne.
Cela fait de cette pratique criminelle la plus rentable après le trafic d’armes et le trafic de drogue.

 

Pour faire une donation :

Fondation Roi Baudouin sur le numéro de compte BE10 0000 0000 0404 (déductible à partir de 40 Euros)
Avec la communication : ***192/0480/00793***