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Bet4Life, une initiative de la Fondation Samilia

Cette initiative vise à mettre en lumière le côté sombre d’un événement sportif extraordinaire, en l’occurrence, l’exploitation et la traite des êtres humains.

Cette campagne ne veut en aucune manière être dirigée contre la Coupe du Monde ou tout autre événement sportif. C’est une campagne qui dénonce les crimes commis dans l’ombre.

La Coupe du Monde attire des millions de fans. Malheureusement, la plupart de ces supporters ignorent que derrière les sourires, les réjouissances et les gestes techniques époustouflants, certaines personnes sans scrupules profitent de la situation pour commettre des méfaits révoltants : mendicité forcée, prostitution forcée, travail forcé, trafic d’êtres humains.

Cette campagne est une juxtaposition entre les frissons d’un jeu et l’horreur de l’exploitation humaine. Elle met en contraste l’excitation liée aux paris sportifs, au désespoir des victimes du trafic d’êtres humains.

Le ton est délibérément provocateur : parier sur la souffrance humaine est horrible, nous sommes tous d’accord. Mais cette approche permet de confronter des réalités qui coexisteront pendant un mois : la réalité de la Coupe du Monde et celle d’individus qui traitent les autres comme de la marchandise, comme une monnaie d’échange pour leur propre profit.

En bref, cette campagne est une invitation à célébrer le sport de façon responsable et à dire non à toute forme d’abus.

Merci pour votre soutien

L’équipe de la Fondation Samilia.

admin

Contre la traite des êtres humains, des entreprises éthiques.

L’équipe de Samilia était présente à Bucarest mercredi et jeudi où Sylvie Bianchi, responsable projets de la Fondation Samilia, a donné une conférence sur le rôle du secteur privé dans la lutte contre la traite des êtres humains. L’événement était organisé par la Chambre du Commerce Roumaine, et plus particulièrement par son représentant, Alain Schodts, en collaboration avec la Fédération Wallonie Bruxelles.

Ce n’est pas considéré comme de la Traite des êtres humains
si l’employé était au courant, si  

En Roumanie, le salaire minimum se situe autour de 320€ par mois, pour un coût de la vie de plus en plus élevéet qui se rapproche du niveau belge. La pauvreté est donc le premier facteur qui fait tomber les citoyens les plus vulnérables dans les pièges de la traite des êtres humains. Dans leur course pour la survie, ils acceptent de travailler dans des conditions inhumaines, traversent les frontières, sont pris dans les réseaux de prostitution.  Le Global Slavery Index, une étude menée en collaboration avec l’organisation Australienne WalkFree, l’OIM et l’OIT, estime à plus de 80 000 le nombre de victimes d’exploitation en Roumanie.

Avoir un travail et un salaire décent est une des conditions sinéquanones pour lutter contre le phénomène de la traite des êtres humains. C’est pourquoi il est capital de sensibiliser les entreprises à l’importance d’une chaîne de production humaine à tous les niveaux, de la matière première au produit fini.

S.E. Thomas BAEKELANDT (ambassadeur de Belgique en Roumanie), Sylvie Bianchi (Fondation Samilia) et Vassilis Stavrou (CEO Mega Image groupe Delhaize)

Invités par la Chambre du Commerce  Roumanie, une série d’entreprises belges, de représentants de chambres de commerce actives sur le territoire roumain ainsi que des représentants officiels belges (S.E. Thomas Baekelandt – Ambassadeur, Machteld Cattrysse – Consul, Eric Poppe – Délégué général Wallonie-Bruxelles) sont venues nous écouter. Un public attentif, curieux d’en apprendre sur leur pouvoir contre l’exploitation. En confiance, la présentation a rapidement tourné autour de la conversation, où chacun s’exprime, s’interroge, se remet en question et où les expériences des uns deviennent source d’inspiration pour les autres.

L’entreprise qui paye plus pour un sous-traitant éthique
ne s’en sort plus face à la concurrence

Le profit, loi première des règles du marché, est la source d’inquiétude principale lorsqu’on parle d’une économie éthique.  Comment rester compétitif si je paye plus que mon concurrent moins scrupuleux ? La réponse est à chercher chez le consommateur. Depuis quelques années, on remarque que le citoyen est de plus en plus attentif à la provenance de ses achats. Un produit labélisé éthique, même plus cher, rassure le client. Avec l’omniprésence des réseaux sociaux, la confiance du consommateur n’est plus à prendre à la légère. Au moindre soupçon de négligence envers sa chaîne de production, une marque peut se trouver clouée au pilori.

Les entreprises se rendent comptent que « nous ne pouvons pas nous le permettre » n’est plus une excuse valable, et ça, c’est très encourageant.  La réponse à la traite des êtres humains doit être collective. Secteur privé, politique et consommateurs, il n’y a qu’ensemble que nous pouvons y mettre fin.

admin

EU Civil Society Plateform Against THB

Europe: Ensemble contre la traite des êtres humains

La semaine passée, la commission européenne organisait la 9em rencontre de la « European Civil Society Against Human Trafficking ». Ce meeting bisannuel vise à réunir toutes les organisations européennes actives dans la lutte contre la traite des êtres humains autour de plusieurs séminaires. Une occasion idéale pour partager nos observations et trouver des solutions ensemble.

Le thème du séminaire auquel Samilia a participé tournait autour des liens qui unissent les violences faites aux femmes à  la traite des êtres humains. Il est en effet alarmant de constater que 75% des victimes sont des femmes et des jeunes filles et que la majorité l’est à des fins d’exploitation sexuelle.

Alors, lutter contre les violences faites aux femmes serait donc une étape cruciale pour en finir avec l’exploitation ?

Les différentes organisations présentes à ce séminaire ont dressé le même constat : si les violences faites aux femmes sont de plus en plus dénoncées, elles sont encore ignorées par les citoyens. En effet, beaucoup de citoyens estiment encore que les femmes sont en tout ou en partie responsables des violences faites à leurs encontre. Ceci alors que la majorité (84%) de la population (genres confondus) trouve normal que ces violences soient criminalisées.

De plus, les violences vécues par les femmes victimes d’exploitation (agression, viol, abus de vulnérabilité) sont très souvent identiques aux violences dont souffrent – dans des mesures qui peuvent être largement moindres – toutes les femmes. Combattre ces violences de la vie quotidienne est une étape cruciale pour lutter contre la traite des êtres humains, d’autant plus que les organisations de terrain observent une réelle corrélation entre l’un et l’autre phénomène : ce sont les mêmes groupes de femmes, en situation de précarité financière ou émotionnelle, qui en sont victimes.

Enfin, la banalisation des violences faites aux femmes pousse souvent les victimes au silence, qui ne portent pas plainte. Difficile donc d’avoir des statistiques pertinentes

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Et les exploiteurs, qui sont-ils ?

Les statistiques européennes sur la traite des êtres humains documentent beaucoup sur les victimes (nombre, sexe, âge, nationalité..) mais nettement moins sur les trafiquants et clients de ce crime. La question se pose donc de savoir qui sont ceux qui perpétuent ce crime? Et plus en amont, quelle est l’incidence du contexte encore fort machiste des sociétés européennes qui permet l’exploitation et pousse souvent les victimes au silence ?

Il est nécessaire de considérer que l’exploiteur n’est pas uniquement celui qui perçoit de l’argent des services de ses victimes, mais aussi les clients, et d’une manière plus générale, la demande. Ils font aussi intégralement partie du système.  Si la prostitution n’est pas encore considérée partout comme une violence, c’est qu’il existe encore énormément de préjugés sur les « besoins » des hommes en matière de sexe. Considérer que répondre à ces besoins est une nécessité, c’est décriminaliser, voir encourager toutes les formes de violences sexuelles en déculpabilisant les agresseurs (ex. viol conjugal). Or, ces violences sont criminalisées depuis longtemps (sauf en Russie pour les violences domestiques). Les citoyens ne seraient t’ils donc pas prêts à passer à l’étape suivante qui implique d’admettre la prostitution (prostitution volontaire incluse) comme une violence ?

La prévention, une étape déterminante pour éradiquer la traite des êtres humains

D’un point de vue général, la prévention n’est pas assez poussée alors qu’elle devrait être à la base des actions menées par les gouvernements et les ONG pour lutter contre les violences faites aux femmes et contre la traite des êtres humains.

Plus spécifiquement, toutes les ONG pointent du doigt un manque de prévention et de sensibilisation à la TEH lié à la crise migratoire. Cette communauté, dont le nombre a explosé depuis l’éclatement des conflits au proche orient, est la plus à risque de tomber dans des réseaux, quand cela n’est pas déjà le cas avant même d’arriver dans les territoires européens. En effet, les populations qui fuient la guerre ou la pauvreté sont les  plus vulnérables. Affaibli par la traversé, ils sont souvent incapables de communiquer avec les locaux et surtout, ne connaissent pas leurs droits. Ayant besoin d’argent rapidement pour couvrir leurs besoins les plus élémentaires, ils se font facilement piéger par les profiteurs de misère.  Autre fait alarmant : dans les centres pour MENA (Mineur Étranger Non Accompagné), les ONG constatent que beaucoup d’enfants disparaissent. Or, ces enfants disparus sont principalement les filles, ce qui soupçonne l’implication de réseaux de prostitutions sur mineurs.

En ce qui concerne l’implication des institutions publiques (ex. police/ travailleurs sociaux), les ONG constatent qu’elles ne reconnaissent pas toujours la traite des êtres humains comme une violence faite aux femmes, car ce n’est pas inclus dans leur formation. Il y a donc une grande nécessité de mieux former les personnes en charge de la détection des victimes, car beaucoup de poursuites n’aboutissent pas par manque de preuve ou de courage du plaignant.

Différents pays, différents constats

Portugal 

Les principales victimes formellement identifiées sont des hommes (secteur travail forcé), alors que la majorité des victimes ‘identifiées’ sont des femmes. Les ONG locales dénoncent un manque de  financement public pour 1) identifier formellement les victimes, 2) intervenir directement auprès des victimes. De plus, on remarque un manque de stratégie national pour lutter contre les inégalités entre hommes et femmes. Pour finir, la légalisation de la prostitution a augmenté le tourisme sexuel.

Pays-Bas

Les femmes identifiées comme prostituées volontaires ne représentent pas la majorité des travailleuses du sexe aux Pays-Bas. Malheureusement, depuis la légalisation de la prostitution, la prostitution n’est plus vue comme une violence par la collectivité.

Pologne, et d’une manière générale, tous les pays de l’Est

Ces 16 derniers mois, l’arrivée au pouvoir du nouveau gouvernement a été marquée par un recul alarmant des droits des femmes. Mais c’est tout de même parmi les hommes qu’on trouve le plus de victimes. En effet, 40% d’entre eux le sont dans le cadre du travail forcé, un secteur qui touche principalement les hommes. Les victimes sont des personnes issues de milieux extrêmement précaires et ayant déjà subi des violences.

Concernant l’exploitation sexuelle, les ONG constatent que ce n’est pas un sujet qui retient l’attention des autorités. De manière générale, les violences sexuelles sont banalisées. Pire, avec le recul des droits des femmes, les autorités ont coupé drastiquement les fonds alloués à la protection des femmes et des enfants.

Et ensuite ?

Toutes ces observations ont été transmises à la Commission européenne qui va en tenir compte pour les prochaines directives et appels à projets. La commission a rappelé que la lutte contre la traite des êtres humains était toujours considérée comme une priorité en Europe et qu’elle ne relâcherait pas son attention.

Outre cette collaboration avec les institutions européennes, nous retiendrons surtout cet élan de solidarité vécu pendant ces deux jours de travail. Il est souvent décourageant de constater que cette violation des droits de l’homme est toujours présente malgré le travail des associations. Pourtant, voir autant de monde, venant souvent de loin, venir partager leurs observations nous redonne énormément d’espoir. Nous ne sommes pas seuls, un mouvement est en marche, et la motivation de ceux et celles qui le font vivre finira par avoir raison de ce crime.

admin

LE GROUPE JOST VISÉ POUR DUMPING SOCIAL ET TRAITE DES ÊTRES HUMAINS

Suite à une vague de perquisitions menée au sein du secteur routier, trois personnes au moins, dont l’administrateur délégué de l’entreprise Jost, sont placées sous détention préventive.

Les neufs chefs d’inculpation qui pèsent sur lui sont : « dirigeant d’une organisation criminelle, traite d’êtres humains, blanchiment, faux et usage de faux social, escroquerie en droit pénal social, absence de déclaration immédiate à l’emploi, déclarations inexactes ou incomplètes concernant les cotisations sociales, non-paiement des cotisations à l’ONSS, défaut de paiement de la rémunération en tant qu’employeur ».

Il n’y a jusqu’à présent aucune inculpation, ni condamnation.

L’arrestation fait suite à une perquisition de grande ampleur menée par 80 inspecteurs de la police judiciaire fédérale et 40 membres des différents services d’inspection sociale et fiscale. L’entreprise Jost est suspectée de faire u dumping social. Les travailleurs seraient recrutés en Europe de l’Est et employés en Belgique aux conditions de travail de leur pays d’origine. L’affaire concernerait environ 1100 employés.

Dans un communiqué, le groupe Jost souligne être parfaitement en ordre et agit en collaboration avec les autorités.

Pour rappel, et bien que nous ne connaissons aucun détail concernant le salaire des employés de l’entreprise routière, le salaire minimum de la Roumanie s’élève à 275€ par mois contre 1.560€ en Belgique. Faire travailler en Belgique à un salaire équivalent au pays de l’Est plonge donc les travailleurs dans une grande précarité, assimilée à de la traite des êtres humains.

En 2013, le conseil des ministres avait approuvé un « plan d’action » visant à lutter contre le dumping social. Dans bien des cas, il était établi que les salaires versés aux employés étrangers étaient en dessous du salaire minimum en Belgique et que leur sécurité sociale n’était pas garantie. A l’époque, 1500 perquisitions avaient été annoncées et les sanctions financières allaient être multipliées par 10. En Belgique, c’est le secteur de la construction qui est le plus touchée par cette fraude sociale.

La Libre : https://lc.cx/wzso

Le Soir : https://lc.cx/wzs3

L’Echo : https://lc.cx/wzs5

Article de 2013 concernant la lutte contre le dumping social en Belgique /RTBF : https://lc.cx/wzsJ

admin

Des ados qui exploitent des ados, un phénomène en pleine expansion

Dans une étude sortie le 2 mai 2017, Child focus pointe du doigt un phénomène en constance augmentation : le proxénétisme d’ados. Appelés aussi les « Loverboys », ces jeunes usent de la séduction pour pousser des mineurs à se prostituer.

L’étude, réalisée en Flandre, montre que le nombre de dossiers pour proxénétisme sur mineurs a été multiplié par 6 depuis 2012, passant de 10 à 60. Les deux tiers des dossiers ouverts sont liés à des fugues et, dans 37 cas, le mineur a été abusé par des proxénètes adolescents. Pour sensibiliser et lutter contre le phénomène, Child Focus a lancé la plateforme www.stopproxenetes-ados.be qui informe de manière spécifique les jeunes, leurs parents et les professionnels concernés.

L’étude a été réalisée à la demande du Ministre flamand du Bien-Être, de la Santé publique et de la Famille, Jo Vandeurzen Pour l’instant, elle n’est disponible qu’en néerlandais sur le site de Child Focus.

En 2012, et partant du constat qu’il n’existait pas de données statistiques fiables pour mesurer le phénomène des loverboys, La Fondation Samilia et ECPAT avaient déjà émis une proposition d’étude sur le sujet. A l’époque il n’avait pas été possible d’obtenir les financements nécessaires. Cette analyse n’avait donc pas été faite, mais nous avions dressé les constats suivants :

  • La prostitution des mineurs étant illégale, elle est très clandestine et donc difficile à analyser
  • Le mineur, dans sa situation de vulnérabilité, ne s’exprime pas sur sa condition
  • La prostitution se passe de plus en plus sur Internet via un système de chat en ligne
  • Les phénomènes comme le Grooming (une stratégie de sollicitation de mineurs via internet afin de les manipuler pour obtenir des faveurs sexuelles) ou le Loverboy (utiliser les sentiments pour obtenir d’un jeune qu’il se prostitue) sont de plus en plus utilisés pour exploiter les mineurs.

À l’époque, une quinzaine de cas de prostitution impliquant des mineurs était enregistrés chaque année auprès des services de police. Il était déjà évident que ce n’était que la partie immergée de l’iceberg et qu’ une étude plus approfondie devait être réalisée concernant les mineurs en situation d’exploitation sexuelle en Belgique. Où et comment étaient-ils recrutés ? Quelles étaient leurs origines géographique, sociale et économique ? Quel type de prostitution était concerné ?

Notre objectif était d’alerter les autorités sur un phénomène grandissant afin de pouvoir effectuer un travail de prévention efficace.

Child Focus espère rapidement pouvoir effectuer une étude similaire pour francophones, ce que nous encourageons fortement. En effet, l’exploitation des mineurs est une violation grave des droits de l’enfant et beaucoup de prostitués adultes se sont retrouvés en situation de prostitution avant l’âge de 18 ans.

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Adamo a conquis le cœur du public

Pour les 10 ans de la Fondation Samilia, il fallait voir grand, et le public n’a pas été déçu. Salvatore Adamo a offert un concert exceptionnel qui a littéralement soulevé la foule de fans réunis dans un Conservatoire plein à craquer.

Une décennie dignement fêtée, donc, mais aussi l’occasion aussi de rappeler la raison même de l’existence de la Fondation. Car il ne faut pas l’oublier, à l’heure actuelle, 48 millions de personnes sont encore réduites en esclavage dans le monde, et parmi elles, 5,5 millions d’enfants.

Pour soutenir Samili, Adamo a enchaîné les tubes qui ont fait de lui un des plus grands maîtres de la chanson française, mais également les titres de son dernier album qui témoignent d’une belle sensibilité et d’une profonde humanité. Présenté par le Professeur Brotchi, Adamo a brillamment conquis le public par son immense talent et la générosité de son engagement pour la Fondation Samilia, public particulièrement touché par « Ceux qui restent » et le magnifique « Inch’Allah ». Toutes générations confondues, ils étaient très nombreux à être venus applaudir le chanteur, et par là même encourager l’équipe de la Fondation Samilia pour son travail contre la traite des êtres humains.

Cet extraordinaire concert s’acheva devant un parterre de fans absolus, dansants debout et reprenant en chœur « Laisse mes mains sur tes hanches », « Tombe la neige », « Les filles du bord de mer », et se termina par un tonnerre d’applaudissements faisant craindre pour les stucs déjà ravinés du Conservatoire.

Ce soir-là, c’est non seulement sa voix, mais aussi son cœur qu’Adamo a offert à la cause défendue par la Fondation Samilia.

Crédit photo:  Amélie De Wilde

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Samilia fête ses 10 ans

S’inscrivant dans le prolongement de 14 années passées sur le terrain à la rencontre de personnes prostituées. La création de la Fondation Samilia en 2007 a pour but d’activer la lutte contre la traite des êtres humains.

En 2017, nous faisons le point sur 10 ans d’actions de prévention et de sensibilisation.

La traite des êtres humains ne se limite pas à la seule prostitution, mais la plupart des femmes et des enfants victimes de traite y sont exploités sexuellement. Il apparaît indispensable de penser à la prévention, d’agir davantage en amont, sur le long terme.

“Mon âme n’est pas à vendre” est une contribution exceptionnelle au lancement de la fondation de la part de l’artiste Pascale Christoffel.

A l’occasion des dix ans de la Fondation, Salvatore Adamo offrira un concert exceptionnel au conservatoire de Bruxelles le 20 avril prochain

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L’ONUDC sort son rapport 2016

Tous les deux ans, l’ONUDC (Office des Nations Unies contre la Drogue et le Crime) rend un rapport sur la traite des êtres humains dans le monde et l’année 2016 a particulièrement inquiétée. En effet, les mouvements migratoires liés aux différentes guerres ont précipité des populations entières dans la précarité, les rendant ainsi plus vulnérables aux risques liés à la traite des êtres humains. Malgré l’implication des gouvernements à lutter contre le trafic de personnes, le nombre de victimes reste très préoccupant.

Dans son rapport 2016, l’ONUDC dresse une série d’observations qui nous permettent de comprendre les modus operandi des trafiquants, les profils des victimes et l’évolution des systèmes d’exploitation.

Téléchargez ici le rapport 2016 en anglais

Que les victimes soient exploitées dans leur propre pays, ou soit déplacées dans un autre, aucun territoire est totalement exempt d’esclavage et les victimes viennent de l’intérieur et de l’extérieur des frontières. Par exemple, les victimes détectées dans les pays d’Europe occidentale et méridionale proviennent de 137 pays différents.

Bien que les victimes soient toujours principalement des femmes, la proportion d’hommes tombant dans les pièges des trafiquants a augmenté ces dix dernières années. En 2006 les hommes représentaient 12% des victimes. En 2016, 21% sont des hommes. Dans la plupart des cas, c’est dans le secteur du travail forcé que l’on retrouve le plus d’hommes, secteur qui s’est considérablement développé en 10 ans. Le travail forcé représente actuellement 38´% de la traite des êtres humains.

L’exploitation sexuelle représente toujours une large majorité des cas, car elle concentre 58% des victimes, en grande majorité des femmes et des jeunes filles.

Ils partagent souvent la même nationalité et parlent la même langue. Les victimes sont rarement recrutées en dehors des frontières de leurs exploitants. Que ce soit dans les pays d’origine ou dans les pays de destination, ils sont souvent concitoyens.

Le fait d’appartenir au même genre facilite la confiance de la victime. C’est pourquoi, contrairement aux aprioris, 37% des trafiquants sont des femmes. La majorité des femmes criminelles impliquées dans des réseaux de traites des êtres humains le sont dans le cadre d’exploitation sexuelle. Elles parviennent ainsi plus facilement à gagner la confiance de leurs victimes, composées principalement de femmes.

L’exploitation sexuelle reste encore la première niche de traite des êtres humains dans la très grande majorité des pays, très vite suivie du travail forcé. Mais ce ne sont pas les seules formes d’exploitation. La traite des êtres humains comprend aussi  la mendicité forcée, le trafic d’organe, les enfants soldats, le trafic d’enfants, et le mariage forcé, qui a considérablement augmenté ces dernières années.

Si beaucoup de cas de traites des êtres humains n’impliquent pas de devoir traverser une frontière ( 42% des victimes sont découvertes dans leur propre pays), il existe beaucoup de similarités entre les parcours migratoires des migrants « classiques » et les victimes d’exploitation. Fragilisés par la pauvreté ou la guerre, les migrants tombent facilement dans les pièges tendus par les trafiquants. Ces derniers n’hésitent pas à profiter de la vulnérabilité engendrée par l’exil.

Les violences rencontrées dans les pays d’origine poussent les populations à l’immigration précipitée. L’augmentation du nombre de victimes de traite des êtres humains d’origine syrienne qui a suivi le début du conflit est un exemple évident, mais n’est pas le seul. En dehors des personnes qui fuient ces mêmes combats, beaucoup d’enfants sont embrigadés et exploités comme enfants soldats.

Rien d’étonnant à cela, les enfants sont bien sur les plus vulnérables face aux réseaux d’exploitation. Malgré une forte baisse ces dernières années, ils représentent encore un quart des victimes.  L’étude démontre qu’un lien existe entre l’âge des victimes et le niveau de développement du pays. Au plus un pays est pauvre, au plus les enfants sont exposés au travail forcé. En moyenne, ce sont les jeunes filles, plutôt que les garçons, qui se font exploiter.

Ces dernières années, beaucoup de pays ont mis en place ou renforcé leur système législatif contre la traite des êtres humains. Ces 13 dernières années, le pourcentage de pays ayant une réglementation contre la traite des êtres humains est passé de 18% à 88%. Malheureusement, sur le terrain, les progrès peinent à se faire sentir.  D’après les études, il faut environ 10 ans pour qu’une réglementation montre des effets. Cependant, ces nouvelles lois ont permis à beaucoup de victimes d’obtenir de l’aide et aux bourreaux de se retrouver derrière les barreaux. Il est donc possible de croire à une justice plus efficace dans les années à venir.

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Des enfants réfugiés syriens exploités en Turquie

Des enfants réfugiés syriens, parfois de 7 ou 8 ans à peine, ont été découverts dans des usines textiles en Turquie. Pour 1€/heure, 12 heures par jour et dans des conditions de vie misérables, ces enfants fabriquent des vêtements pour des enseignes comme Zara, Mango ou Marc & Spencer.

Une situation déjà mainte fois dénoncée par les ONG. Les grandes marques de textile se sont pourtant dites prêtes à se pencher sur la question, mais s’en sortent bien souvent qu’avec de veines promesses. Peu d’entre elles semblent se sentir concernées par les conditions de travail dans les usines de leur sous-traitant et les avancées se font presque inexistantes.

La situation d’illégalité des réfugiés syriens en Turquie n’y est pas pour rien. Actuellement, le pays compte 2.73 millions de réfugiés. Faute de moyens alloués à leur encadrement, trop peu sont accueilli et pris en charge correctement. Pour survivre, le travail illégal est souvent la seule solution, quel que soit l’horaire, le salaire ou l’âge.

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The True Cost : Fast Fashion et Fashion Victims

Avoir tout, tout de suite et à moindre prix. Du Fast Fashion, voilà ce qu’est devenu le prêt-à-porter occidental. Black Friday, soldes bisannuelles, prix cassés, la mode n’est plus l’apanage de la Upper Class et n’importe qui peut s’offrir les dernières pièces pour trois fois rien. Pourtant, le textile a un prix et ceux qui le payent le font de leur vie.

Depuis quelques années, les catastrophes humaines s’enchaînent à un rythme de plus en plus soutenu. En 2012, Bangladesh, un atelier de confection a pris feu. Les grillages qui ferment les fenêtres empêchant les ouvriers de sortir, 300 personnes avaient perdu la vie. En 2013, même pays, l’effondrement du Rana Plaza, une industrie textile de 8 étages, fait 1135 morts.

Qui est responsable ? Le propriétaire du bâtiment, qui était au courant de l’état de son immeuble, mais a refusé son évacuation ? Les ateliers de confection qui, pour satisfaire leurs clients, imposent un rythme insoutenable à des femmes et même des enfants, sans se soucier de leur sécurité élémentaire? Les grandes enseignes qui, dans la course à la concurrence, proposent un prix de plus en plus dérisoire en faisant fi de respecter des conditions de travail décentes ?

Ne serait-ce pas nous, consommateurs, qui préférons voir une garde-robe inutilement pleine plutôt que d’ouvrir les yeux sur ceux qui payent de leur vie les fringues que nous portons ? Car il faut bien admettre que les réelles « Fashion Victimes » ne sont pas vraiment celles qu’on croit. Les véritables victimes de la mode sont ceux et celles qui passent leur vie, 13/jours, 7 jours du 7, à assembler les pièces de nos futures acquisitions, pour 3€ par jours.

Sachant cela, continuerons-nous à remplir les caisses des mégas stores du textile ou nous tournerons-nous vers des entreprises éthiques et responsables? Certaines marques, comme People Tree, tentent par tous les moyens de créer une entreprise exempte d’esclavage et ne nous pouvons que les y encourager.

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